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Choisis tes mots.. ils façonnent le monde...

Apprenons des peuples millénaires, ils ont des choses à nous dire

Apprendre des peuples premiers

Ce proverbe des Indiens Navajos est plus que jamais d'actualité. Je le modifie pour l'amender : "Choisis bien tes pensées, tes mots et tes actes car ils façonnent le monde."

En cette période de turbulences sociales, notamment avec sa dernière forme les Gilets Jaunes, expression polymorphe de mécontentements, le dialogue est vivement sollicité. Toutefois, ce dernier risque de se heurter une fois de plus au niveau de conscience de l'usage de la parole.

La majorité des peuples premiers qui fonctionnent sur l'oralité et dans des périmètres de petits groupes ont besoin de modalités de civisme et de civilité pour tenir ensemble dans la durée. Nous, avec nos millions d'habitants répartis anonymement dans les villes et avec l'amplification des réseaux sociaux, nous nous permettons avec la distance et le virtuel, de dire tout ce qui nous passe par la tête sans être vigilant à la forme.

Pourtant, elle est essentielle et définit la durabilité des relations.

Que nous soyons militant ou avec juste une opinion à partager, nous ne pourrons être écoutés et pris en compte qu'à la condition que nos paroles ne blessent pas autrui. Lorsque nous utilisons le jugement, la critique, la vindicte, le débat conflictuel avec des expressions délibérément provocantes, nous clivons l'auditoire. Nous réussissons le coup de l'audimat - pour un temps - mais si l'objectif était de faire avancer le débat, nous risquons d'être restés à celui des émissions télévisuelles qui créent de l'affrontement mais pas une réflexion constructive.

Une éthique de la parole

Ce dont nous avons besoin c'est de réussir à nous exprimer à la fois en clarifiant nos intentions, nos pensées, nos besoins, nos opinions, tout en respectant la relation à autrui et en plus en se souciant de la valeur de notre apport au collectif.

De nombreux auteurs ont apporté leur contribution à une communication bienveillante, citons les plus connus Thomas Gordon (méthode Gordon) et Marshall Rosenberg (Communication non-violente). Ils ont mis en exergue l'aspect destructeur de mots qui véhiculent des critiques et des jugements aussi bien sur autrui que sur ce qu'il dit ou fait. Ils nous invitent à nous demander ce qui est touché en nous (les besoins) afin de trouver les modalités à la fois d'exprimer ce qui se passe en profondeur en nous, avec authenticité, tout en trouvant les mots pour en parler qui ne blessent pas autrui et/ou le collectif.

Seulement pour y parvenir, il nous faut, avant de prendre la parole ou la plume, réfléchir à ce que nous voulons réellement exprimer : en quoi cela va-t-il apporter quelque chose à l'autre et/ou au groupe? Si ce n'est que pour ma satisfaction personnelle et/ou pour être une opportunité d'exutoire émotionnel, cela ne permet pas de construire une relation durable, de qualité.

Certains peuples premiers nous partagent leurs enseignements. Les Indiens Navajos, cités plus haut, invitent à pratiquer au quotidien la Voie Hozho (composée de 9 principes : joie, beauté, paix, humour, santé, prospérité, harmonie, conscience, amour). Voie transmise par Lorenza Garcia en France. Chercher à maintenir la paix et l'harmonie dans la durée conduisent à faire attention aux mots utilisés.

Don Juiz partage les 4 accords Toltèques : "que votre parole soit impeccable", "ne réagissez à rien de manière personnelle" (ne rien prendre personnellement), "ne faites aucune supposition", "faites toujours de votre mieux". Certes, cela nécessite quelques explications de textes, mais de nombreux livres sont parus pour expliquer en détail ce que chaque principe signifie.

Les Indiens Kogis, dont les enseignements sont transmis par Eric Julien, nous invitent à méditer sur la contribution de notre parole : "est-ce qu'elle va aider l'autre (à grandir), est-ce qu'elle contribue au débat collectif, est-ce qu'elle remercie ou valorise ce qui a été fait?" Et si cela ne remplit l'une ces trois critères, alors il vaut mieux rester silencieux.

L'ensemble de ces principes, et l'on pourrait encore en rajouter, converge vers le fait que notre parole ne participe pas aux jugements et critiques, n'utilise pas d'insultes et, à l'inverse, préserve la relation et la qualité des relations dans le groupe.

En tant que telle cela devient une éthique de la parole à pratiquer quotidiennement et sans modération dans les dialogues en face à face et dans les médias et réseaux sociaux.

Christine Marsan, 12 janvier 2019

Une source : Christine Marsan et Fabrice Daverio, La Communication d'influence, Editions CFPJ, 2009. https://livre.fnac.com/a2760994/Christine-Marsan-Communication-d-influence?omnsearchpos=8 

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