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Le désir mimétique : origine de la compétition et source de souffrances

Le désir mimétique

Nous connaissons tous cette situation où un petit enfant veut absolument le jouet de son frère ou sa soeur, quitte à malmener soit le jouet, soit son frère ou sa soeur s'il ne l'obtient pas.

René Girard a décrit le désir mimétique comme le fait de désirer l'objet qui est apprécié par une personne que l'on aime.

Si le frère ou la soeur ne s'intéresse pas au petit cheval bleu, alors "moi" non plus, mais si tout d'un coup, il le trouve attirant, alors "moi aussi". Et je suis prêt.e à me battre pour obtenir cet objet.

Car en fait, c'est de l'amour maternel dont il s'agit.

Ce que "je" convoite c'est l'amour de "maman" et si mon frère ou ma soeur qui est aussi aimé par "maman" s'intéresse à quelque chose, alors moi aussi je le veux, pour in fine attirer l'amour de la mère.

Nous sommes nombreux à être passés par ces affres.

Certains sont parvenus à dépasser ce désir mimétique et pour beaucoup, cela se transforme, avec les années, en besoin de possession et compétition avec autrui.

Homme et femmes sont égaux devant ce phénomène.

Il en sera de même de l'amour du père, que les frères et soeurs vont rechercher davantage dans le registre de la reconnaissance, de la place à prendre, des qualités valorisées.

Et de la même manière, il est bien difficile de le partager. Chacun veut briller davantage pour être plus aimé du père, pour ses qualités, records, prouesses, talents...

Compétition que l'on retrouvera en entreprise pour obtenir honneurs, récompenses et pouvoir de la part du chef, ersatz du père.

Il faut faire tout un travail intérieur, parfois long, pour ne plus se sentir menacé par autrui, découvrant, avec l'Amour Inconditionnel, qu'il existe de l'amour pour tous. L'amour de "maman" comme celui de "papa" peut se partager et par conséquent, il n'y a pas lieu de se sentir en compétition.

Coopération ou compétition ?

Alors sur le chemin de la coopération, chacun est interpelé un jour sur son rapport à la compétition. Savons-nous laisser assez de place à l'autre? Sommes tentés par la posture "haute" du sachant, régnant sur les autres et les empêchant de grandir? Ou à l'inverse, nous n'osons pas prendre notre place et alors frustration et rancune peuvent prendre d'autres chemins d'expressions, en agressivité frontale et/ou en énergies de manipulation, de déstabilisation ou de contournement.

Lorsque nous avons pu apaiser cette question de "place" et que nous osons prendre uniquement notre juste place, alors nous pouvons accueillir la confrontation d'autrui, comme expression de ce qui n'est pas résolu chez lui ou elle.

Sans arrogance, avec la bienveillance et la compassion que procurent le chemin parcouru des étapes franchies. Il n'y a pas de fierté à s'être dénudé face à soi-même et avoir reconnu ses profondes blessures et avoir tenté de les guérir. Il y a plutôt de la tendresse, de la délicatesse à s'accepter là où nous en sommes.

Alors nous pouvons ouvrir grand notre coeur et accueillir l'autre qui se débat à être qui il est. Accueillir ce besoin de venir confronté qui il/elle est sur la paroi de ce que nous sommes devenus.

Et c'est cette dimension généreuse et bienveillante qui transformera les orties de la jalousie, de l'envie et de la compétition en pétales de rose de douceur et de bonté.

C'est alors de ce point où les coeurs sont grand ouverts en générosité que la coopération peut s'établir.

Il n'y a plus de peurs de perdre, mais la joie et l'envie de co-créer, de co-élaborer.

L'authenticité à se rencontrer permet de tisser le fil de l'essentiel, les liens fondamentaux qui donnent envie de se déposer, d'être ensemble et de savoir composer avec nos altérités, qui de ce fait, piquent beaucoup moins.

Allez, essayons, ça fait plutôt du bien !

Christine Marsan, 9 avril 2018

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