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Une éthique de la parole et de la communication

Peinture d'Isabelle Menin

Et si notre vocabulaire venait nous parler de notre transition ?

Lorsque je vois que pour se faire entendre, il faut utiliser des grossièretés et des insultes, je me dis que nous sommes devenus "pauvres" en vocabulaire.
Chacune de nos langues contient un florilège de mots pour rendre compte aussi bien de nos joies que de nos peines ou de nos frustrations ou colères.


Il semble que nous ayons oublié le chemin intérieur de la Puissance qui permet que les mots reflètent aussi bien l'intention que la pensée et l'état intérieur de chacun.

Les enseignements des peuples premiers

Depuis toujours les peuples premiers nous invitent à prendre conscience de la vibration agissant au travers des mots et si les Navajos comme les Kogis ou les Massaï sont si attentifs aux paroles employées c'est parce qu'ils savent que leur portée vibratoire façonne le monde.

Il est tout à fait possible, à la suite de Gandhi, du Dala¨Lama, de Thich Nhat Hanh, de Don Michel Juiz ou de Marshall Rosenberg, pour ne citer que ceux-là, de retrouver le chemin des mots qui ont du sens, qui portent toutes les nuances de nos états intérieurs comme la Puissance de nos engagements sans pour autant tomber dans les grossièretés qui font du buzz et les insultes qui procurent de l'audimat.

Prendre le temps de penser et la volonté de tisser avec autrui

L'insulte et la grossièreté font l'économie du trajet de la pensée et de celui d'une communication ambitieuse qui décide de tisser avec autrui le fil de la rencontre au-delà des incompatibilités, des divergences, des positions apparemment antinomiques.

Nous sommes riches, dans toutes les langues, de tous les mots dont nous avons besoin pour soutenir nos prises de position.
Osons la Puissance qui s'affirme et la pluralité des nuances du langage qui invitent au dialogue plutôt qu'à la discorde.
Osons les arpèges des émotions mentionnées et proposons des symphonies de diatribes au vocabulaire impeccable et au sens profond et habité.

Sachons domestiquer la Force et manifester la Puissance

Retrouvons le trajet intérieur de la Force, rappelons-nous Yoda, pour les références contemporaines. La force signifie la maîtrise, la discipline de l'entrainement, comme dans les arts martiaux, la volonté de composer avec l'énergie d'autrui sans "réagir" mais en acquérant la distance salvatrice d'avec nos émotions à fleur de peau et d'avec nos besoins égotiques de faire du buzz à tout prix.

Lorsque, à l'instar de l'eau, nous savons trouver le "juste" chemin entre les obstacles pour manifester la puissance de la vie, dans le flux et le flow et composer avec ce qui est là dans l'humilité de l'apprentissage par le vivant, alors les mots ne sont plus ceux de la colère mais de la poésie qui émeut le coeur vibrant et ceux de l'engagement qui porte la flamme de l'espoir et de la résilience et non pas l'incendie dévastateur de la rage.

Choisissons la distance salvatrice de l'équanimité qui délivrera la justesse des paroles, écrins généreux de nos états-intérieurs vibrants et dépourvus de colères réactives.

Nos actions et nos engagements apporteront la réconciliation et la fertilisation croisée des avis contradictoires réunis dans le tissage fécond des dialogues créatifs.

Essayons, qui sait, nous pourrions contribuer à l'élévation des consciences !

Christine Marsan, 7 mai 2019

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